M's, c'est 680 jours de vie, 20 membres & une ambiance de folie ! |
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| | Myosotis VS Symphonie VS Automnal (Compositeur - Graine de Génie - En cours) | |
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| Auteur | Message |
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Myosotis

 | Sujet: Myosotis VS Symphonie VS Automnal (Compositeur - Graine de Génie - En cours) Lun 28 Nov - 19:06 | |
| Comme le forum est un peu mort ces derniers temps ( enfin, c'est ce que je crois ) j'ai décidé de lancer une battle.
Ton niveau : Graine de Génie Nombre d'adversaires : plus que trois Niveau des adversaires : Même niveau Genre : Au hasard
Ce serait qu'en même bien qu'il y ai beaucoup de participants ! |
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Symphonie

 | Sujet: Re: Myosotis VS Symphonie VS Automnal (Compositeur - Graine de Génie - En cours) Mer 30 Nov - 19:31 | |
| Ok Je participe.=) Mais je ne promets rien sur la qualité de mon texte à venir ça dépendra du temps que j'aurais.... |
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Myosotis

 | Sujet: Re: Myosotis VS Symphonie VS Automnal (Compositeur - Graine de Génie - En cours) Mer 7 Déc - 18:19 | |
| OK, nous sommes deux. Quelqu'un d'autre ? |
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Automnal

 | Sujet: Re: Myosotis VS Symphonie VS Automnal (Compositeur - Graine de Génie - En cours) Mer 28 Déc - 16:25 | |
| Okay, je suis preneuse pour une petite battle, si tout le monde est Ok =D |
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Mad'moiselle

 | Sujet: Re: Myosotis VS Symphonie VS Automnal (Compositeur - Graine de Génie - En cours) Sam 21 Jan - 16:55 | |
| Allez les filles, je m'occupe de cette battle. Voici le sujet ! Genre : Nouvelle Thème : « L'espoir est le pilier du monde. » (proverbe africain) Contraintes : Narrateur interne obligatoire. Délai : 10 jours (à rendre en dernier recours le 31 janvier) N'oubliez pas de respecter les mises en pages et les conventions du genre demandé.Les participations sont à envoyer par MP à : Mad`moiselleBonne chance les filles!  ___________________« live fast, have fun, be a bit mischievous » |
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Myosotis

 | Sujet: Re: Myosotis VS Symphonie VS Automnal (Compositeur - Graine de Génie - En cours) Sam 21 Jan - 22:34 | |
| Merci Mad' ! Je ne promets pas un texte très bientôt mais je crois que je vais pouvoir respecter les délais. |
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Symphonie

 | Sujet: Re: Myosotis VS Symphonie VS Automnal (Compositeur - Graine de Génie - En cours) Dim 22 Jan - 17:00 | |
| Merci Mad de te charger d'arbitrer cette battle!=) Je confirme ma participation et j'essaierais d'envoyer mon texte le weekend prochain... |
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Myosotis

 | Sujet: Re: Myosotis VS Symphonie VS Automnal (Compositeur - Graine de Génie - En cours) Mer 25 Jan - 18:55 | |
| Texte envoyé ! "Inspiration soudaine et j'espère assez productive" |
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Mad'moiselle

 | Sujet: Re: Myosotis VS Symphonie VS Automnal (Compositeur - Graine de Génie - En cours) Dim 29 Jan - 21:47 | |
| Attention, Automnal et Symphonie, je n'ai toujours pas de participation ! Il ne vous reste que deux jours ! ___________________« live fast, have fun, be a bit mischievous » |
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Symphonie

 | Sujet: Re: Myosotis VS Symphonie VS Automnal (Compositeur - Graine de Génie - En cours) Lun 30 Jan - 18:19 | |
| Je suis vraiment désolée mis je ne suis pas sûre que j'aurais le temps de finir mon texte d'ici demain.... Je vais faire mon possible mais... Je ne peux rien promettre... Excusez-moi....
Edit> J'ai finalement réussi à terminer mon texte à temps! Je te l'ai envoyé Mad. =) |
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Automnal

 | Sujet: Re: Myosotis VS Symphonie VS Automnal (Compositeur - Graine de Génie - En cours) Mar 31 Jan - 18:58 | |
| ... Hey =] Je viens m'excuser, je ne me suis rappelée de l'expiration de la battle qu'avant hier, et je n'ai pas eu le temps de me mettre à la tâche... Est-il possible d'obtenir un délais supplémentaire d'une semaine ? Je me mets à la tâche dés maintenant. Je suis vraiment désolée de mon retard =/ [et Mad', au passage, merci de t'être chargée de la battle ^o^] |
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Mad'moiselle

 | Sujet: Re: Myosotis VS Symphonie VS Automnal (Compositeur - Graine de Génie - En cours) Mar 31 Jan - 19:01 | |
| J'accepte un délai d'une semaine, mais pas plus. Merci à Myosotis et Symphonie d'avoir rendu à temps. Automnal, je te laisse jusqu'au 07/02/2012 pour me rendre ta participation DERNIER DELAI. ___________________« live fast, have fun, be a bit mischievous » |
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Automnal

 | Sujet: Re: Myosotis VS Symphonie VS Automnal (Compositeur - Graine de Génie - En cours) Ven 3 Fév - 22:06 | |
| Envoyé =D Merci à tous de votre patience  |
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Mad'moiselle

 | Sujet: Re: Myosotis VS Symphonie VS Automnal (Compositeur - Graine de Génie - En cours) Sam 4 Fév - 18:25 | |
| Myosotis| Spoiler: | | | Là-bas. C'est l'endroit mystérieux où le soleil se rend quand il disparaît derrière les montagnes. Là-bas, où l'eau évaporée va quand elle ne reviens pas sur Terre. Là-bas, où les étoiles filantes tombent et prennent leur repos éternel. Là-bas, où les larmes versées se rejoignent, où les notes fredonnées avec joie se fusionnent, où la brise du matin virevolte et les plumes d'un oiseau s'envolent. C'est tout simplement là-bas. J'avais tout abandonné. Tout. La vie ne comptait plus pour moi. Que ce soit en tombant dans une rivière, en se noyant dans un océan ou en mourant de maladie j'étais prêt à partir du monde qui m'avait vu naître et fait rêver. Rien, absolument rien ne comptait pour moi. Et alors se rêve, qui a tout bouleversé.
Je marchait sur des pierres lumineuses, flottant au milieu du ciel orangé de l'aube. Le vent chatouillait mes cheveux bruns. Je savais que c'était un rêve, et que je me réveillerais bientôt dans ce lit d'hôpital, froid et réel. Pourtant, je me sentais bien.
La paix est le début de l'esprit, fît une voix, mélancolique, dans ma tête.
À la fin du passage formé de pierres flottantes se trouvait un palais aux couleurs harmonieuses. Des roses diaphanes montaient le long des murs. Je m'approche, caresse ces plantes.
La douceur et le baume du cœur, dit la voix, mélodieuse.
Je repère une porte, imposante et colossale, qui contraste avec la fragilité qui l'entoure. Son bois, massif, est incrusté de pierres précieuses et orné de fils d'or. La poignée pour l'ouvrir st située très haut, et je suis forcé à escalader la porte.
Le courage est la richesse de l'homme, tonne à nouveau la voix.
Une fois près de la poignée, je l'ouvre. Je me trouve dans une salle immense. Une lumière douce pénètre par les fenêtres, grandes et ouvertes. Au plafond volent des papillons aux couleurs vives et à la rapidité étonnante. Si seulement je pouvais les voir de plus près !
Les rêves sont les ailes de l'âme, murmure la voix, légère.
Je franchis une porte et je me trouve dans une autre salle, beaucoup plus grande que la précédente. En son centre se trouve une colonne. Elle a l'air si fragile, toute en cristal d'une finesse incroyable. Et pourtant, elle soutient l'immense voûte étoilée.
L'espoir est le pilier du monde
J'ouvre les yeux. Encore cette chambre d'hôpital, morne et froide. Mais pourtant, quelque chose a changé. Je sais que je vais guérir. J'ai espoir. |
Symphonie
| Spoiler: | | | Ce soir, je partirai. Je m’en irai vers d’autres contrées, d’autres paysages. Je ne veux plus voir celui-ci, celui que j’observe depuis ma naissance, il y vingt de cela... Non je ne peux plus... Il y a trop d’horreur dans mon passé... Toute cette douleur, ces cris cette tristesse. Chut. Je ne veux pas y penser. Il est encore trop tôt.
Le Soleil se couche. Les nuages se teintent de rose. Un léger vent souffle, au loin j’entends la douce mélopée des oiseaux. C’est une belle soirée, au moins je peux être sûre qu’il ne pleuvra pas... Les premières étoiles apparaissent dans le ciel. Cette fois-ci c’est bon.
Un pas, la liberté devant moi, l’espoir de vivre une nouvelle vie, fonder une vraie famille. Deux pas, la fin de mes problèmes, je me tourne vers le futur, et même si je le fuis, je n’oublie pas le passé. Non je ne peux l’oublier, ce serait une erreur, la première et la pire de ce qui m’attend, devant moi. Je ne me retourne pas, j’avance. Pleurer ? Pourquoi ? Ma vie est là où porte mon regard, mon passé ne mérite pas mon attention. Les pas me portent vers mon avenir, je n’ai déjà plus d’héritage, rien. Je suis officiellement orpheline. Maintenant je cours, je cours vers ce qui m’attend, vers une vie meilleur, vers le succès.
Suis-je folle ? Non je ne pense pas. Ce que je fais, d’autres l’ont fait avant moi... Aurais-je tort de partir ? Avais-je d’autres solutions ? Je l’ignore, mais c’est celle que je choisis. Mauvais choix ? L’avenir me le dira, mais j’ai le droit d’espérer, et oui j’espère. Il le faut, c’est peut-être une illusion mais je ne peux déjà plus reculer.
Le vent souffle dans mes cheveux. Je m’arrête. Je suis sur la colline, derrière moi, il y a mon village, déjà trop loin pour que j’y sois de retour avant que la Lune soit haut dans le ciel. Vais-je me retourner ? Pour admirer mon enfance une dernière fois ? Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Adieu... C’est tout ce que j’ai à dire, je me remets à courir.
Mais courir où ? Oh... Je n’y ai même pas réfléchi. Tant pis. Droit devant moi aller ! Voyons où le hasard m’emmènera ! Voyons jusqu’où ce chemin de fleurs va ! Et les obstacles que je pourrais croiser, je m’en fiche. Je les contournerais. Mais je ne ferais pas demi-tour. Je veux avancer, juste avancer, quoi qu’il puisse arriver. Je veux l’avenir et la vie. Je désire plus que tout ma Liberté, Liberté guidée par ce feu qui est en moi, cet espoir, cette source de vie. Jamais plus on ne m’enfermera...
Depuis combien de temps maintenant suis-je en train de courir ? Combien de temps ? Je l’ignore mais c’est tellement amusant ! Tellement agréable ! Je ne cours plus non je danse ! Je ris ! J’admire toute cette nature autour de moi ! Je vie ! Les rayons de Lune éclairent mon chemin, je suis princesse et cette forêt est mon palais. Je pourrais rester ici ? Et si je m’arrêtais ? Non je continue, l’aventure commence à peine. Oui elle commence.
Ma course folle s’arrête, au loin, de l’endroit où je suis, je vois les lumières d’une immense ville. Au fond de moi, une voie me dit « C’est bon, c’est ici. Arrête-toi, plus besoin d’aller plus loin » et je m’arrête. Dans les rues de cette cité, j’observe autour de moi, toutes ces personnes qui un jour ce sont dit c’est fini, et sont partis de leur village, comme je l’ai fait ce soir. |
Automnal
| Spoiler: | | | [size=18]♣ 945H68D14 ♣
J V. n° 1 – 945H68D14
Bonjour. Le J V., c’est le Journal Virtuel. Ca fait longtemps qu’on m’en parle : dans un monde où le moindre de tes mots est enregistré, le moindre de tes silences analysé et sauvegardé, il n’est pas surprenant de découvrir qu’on ne trouve jamais meilleur ami que soi-même. On m’avait dit : « Tu n’as qu’à employer le Journal Virtuel. Au moins tu pourras parler, et trouver une oreille pour t’écouter. Parce qu’une oreille virtuelle c’est toujours mieux que pas d’oreille du tout ». Ce qui n’était pas faux en soit. Au départ, j’avais refusé. Trop peur qu’on découvre mon J V. et qu’on le retourne contre moi. Seulement le silence se révélait de plus en plus sombre, de plus en plus oppressant ; lorsque j’avais découvert que l’Autorité ne connaissait pas encore le J. V, et n’avait donc pas l’occasion d’accéder à ceux des Autres – c’est-à-dire, nous -, je n’avais pas attendu plus longtemps. Me voilà. Je suis le n° 945H68D14. 9 parce que je suis une fille, 4 parce que je suis grande, 5 parce que je suis brune. H parce que je vais partie de la classe qu’on appelle « Intelligence Classique + », autrement je suis intelligente mais pas trop – les G, « Intelligence Supérieure », sont doublements surveillés : les trop gros cerveaux sont dangereux aux yeux de l’Autorité. 6 pour mon goût prononcé à la rêverie, 8 parce que j’ai des lunettes. D pour une raison que j’ignore, peut-être parce qu’il était aussi dans le numéro de ma mère. 1 pour mes yeux sombres et enfin 4, parce que je travaille à la cantine de l’Immeuble. Ici, c’est partout pareil. Les numéros font office de prénoms, et ceux-ci résument à eux seuls notre rang, notre apparence, nos traits de caractère prédominant. Le monde est mis en boîte et parfaitement rangé. L’originalité est une valeur qui n’existe plus depuis longtemps et qui, de toute façon, n’a plus sa place dans un monde comme le nôtre. Le but est de « stéréotyper » le plus de gens, de les formater pour telle ou telle activité afin de simplifier le travail de l’Autorité. Dés notre naissance, notre futur métier nous est attribué. On m’a annoncé à l’âge de 10 ans que mon travail commençait à la cantine, j’ai réalisé deux ans plus tard que j’y passerais le reste de ma vie. Trop de paperasse pour l’Autorité de nous faire changer de boulot de temps en temps. Ou simplement de nous demander notre avis. Foutue prison-univers.
J V. n° 2 – 945H68D14
Plop. Plop. Plop. Je nage dans un océan de pétrole et je laisse échapper des bulles. J’ai beau avancer, je m’enlise, je m’enfonce, je coule. Et le peu d’air dont je dispose s’évanouit peu à peu. Voilà à peu près à quoi ressemble ma vie actuellement. Plus je grandis, plus je comprends, plus j’étouffe. Enfant, j’obéissais sans discontinuer. Ca m’occupait, tout ça, et je me sentais utile. Comme une grande personne. Avant de réaliser qu’être une grande personne c’était pas cool du tout, surtout dans l’Immeuble. La vie est entièrement planifiée. 6h30, le lever. 22h20, le coucher. Pas de vie privée autorisée, sauf permissions spéciales lorsque l’on fait partie d’une famille bien placée – ce qui, au passage, n’est pas mon cas. En bref, le roulement strident de la monotonie. Rah. Je veux crier, je veux hurler, et je suis condamnée au silence. La vie est courte et on me la gaspille. Je veux croire en l’espoir, mais on m’a enseigné que celui-ci n’existait pas. Certains élèvent ce simple mot au titre de divinité, d’autres font le choix de l’oublier. J’ai 17 ans et je ne sais pas encore trop qu’en penser.
J V. n° 3 – 945H68D14
J’avais une « amie », 967J74E14. Elle bossait à la cantine avec moi, mais je ne la vois plus. Certains disent qu’elle est parvenue à s’enfuir. D’autres, qu’elle était liée à une organisation ennemie de l’Autorité et qu’elle a été « supprimée ». J’ai peur. Je ne sais pas ce qu’est l’indépendance, je ne sais pas ce qu’est l’originalité, je ne sais pas ce qu’est l’espoir. Mais je sais ce qu’est la peur.
J V. n° 4 – 945H68D14
Tout a changé. J’ai découvert une nouvelle fonctionnalité avec le J. V. Le « Partage ». Je trépigne, je saute de partout. Mon cœur est gonflé par l’euphorie qui me prend. Enfin. Ce «Partage », il permet de discuter. De s’entretenir avec les différents Autres de l’Immeuble, de discuter à l’abri du regard presque omniscient de l’Autorité. Le Partage est aussi illégal mais finalement, je n’en ai cure. Je découvre un monde vaste, plus que je n’aurais jamais su l’imaginer. J’ai rencontré 846H79V18 via le Partage. Il semble tout connaître sur l’histoire de l’Immeuble… mais aussi sur les Autres. Sur notre provenance. Demain, j’ai rendez-vous avec lui à 10h20. J’ai hâte.
J V. n° 5 – 945H68D14
Ils se sont moqués de nous. Ils se servent de nous comme des jouets. Nous sommes leurs soldats de plomb. J’ai parlé à 846H79V18, qui m’a tout expliqué. Le système de l’Immeuble est plus complexe que je ne l’avais imaginé. Lorsque quelqu’un est reconnu coupable de trahison envers l’Autorité en dehors, il est emmené ici, dans l’Immeuble, pour purger sa peine. Une peine plutôt longue, qui s’étend sur plusieurs générations. Car selon l’Autorité, la trahison est un acte héréditaire. Au cours des générations, nous oublions notre histoire et à nos yeux, il n’existe plus que l’Immeuble. C’est de la que provient le « D », contenu dans le prénom de ma mère et le mien. C’est le nom du centenaire au cours de laquelle mon ancêtre est entré dans l’immeuble ; 846H79V18 et moi avons fait le calcul. Ma famille se trouve dans l’Immeuble depuis 800 ans.
J V. n° 6 – 945H68D14
846H79V18 sait tout. 846H79V18 en sait trop. Si l’Autorité avait découvert le J. V, elle aurait forcément opté pour une solution des plus subtils – un groupe capable de manipuler plusieurs milliers de personnes fait forcément dans la subtilité. Une solution subtile du type envoyer des taupes sur le réseau et traquer les « rebelles » peu enclins à se plier au silence. 945H68D14 me parle de l’extérieur. De l’histoire de l’Immeuble. Mais jamais de lui. Il sait tout sur le monde et je ne sais rien de lui.
Et s’il était lié à l’Autorité ?
J V. n° 7 – 945H68D14
… Je n’aurais jamais dû douter. J’étais à la cantine, ce matin. Petit déjeuner oblige, je servais le repas à quelques Autres attablés, mon étiquette « 945H68D14 » soigneusement attachée à mon uniforme. Puis un Autre s’est levé, et m’a fait signe de le suivre. J’avais hésité un instant ; si l’Autorité découvrait que j’avais déserté mon poste ne serait-ce qu’une seconde, j’allais en payer les frais. Seulement je n’étais pas prête à supporter le poids d’une curiosité non satisfaite, et n’avais pas tardé à emboîter le pas de l’inconnu. Nous sommes entrés dans une petite pièce sombre. Et l’Autre a fermé la porte. J’avais envie de hurler. Il faisait sombre. J’étais plongée dans le noir avec un parfait inconnu, et j’étais seule. Une main s’est posée sur mon épaule : j’ai crié. - Chuuuuuut, a fait la voix de l’inconnu. J’ai écarquillé les yeux, tentant sans résultat de distinguer le visage de mon interlocuteur. - C’est 846H79V18. N’aie pas peur, ne hurle pas et évite de me frapper, s’il te plait. Silence. 846H79V18. Le type du J. V. La peur avait cédé la place à l’incrédulité ; je vacillai un instant, repris mon aplomb et me campai fermement sur mes deux pieds. - Tu fais partie de l’Autorité, n’est-ce pas ? Tu m’as emmené là pour que l’on puisse m’arrêter à l’abri des regards. Tu te joues de moi depuis le début. - … Bel accueil. J’apprécie, murmura 846H79V18 avec ironie. - Pourquoi m’aurais-tu emmenée ici, dans le cas contraire ? Ma voix était plus dure que je ne le souhaitais, mais la crainte d’avoir été découverte me poussait à me comporter de façon hautaine et froide. 846H79V18 lâcha un bref soupir. - Tu paraissais plus sympa via le J. V. Ce n’était pas la peine de t’engager dans la Résistance, si c’est pour traiter tous tes semblables de cette façon. - QUOI ?! La Résistance. La Résitance. Je ne m’étais jamais engagée dans un truc pareil. J’avais seulement tenté de comprendre le fonctionnement dans l’Immeuble, rien de plus. Je ne savais même pas qu’il existait un mouvement de résistants dans le bâtiment. - Tu en fais clairement partie. Tenter de comprendre l’Immeuble, c’est s’y opposer. Et si l’Autorité le découvre, ils t’exécuteront. Ma lèvre inférieure fut prise d’un tremblement nerveux. Je ne désirais pas être mêlée à tout ça. J’avais dix-sept ans et je tenais à ma vie. - Raison pour laquelle je t’ai emmenée ici. Il y a des caméras partout, tu m’entends ? PARTOUT. Seulement, certains membres de la Résistance ont « isolé » cette pièce. Pas d’électricité, pas de capteurs, pas d’aération : en bref, elle n’existe pas aux yeux de l’Autorité. Nous sommes en sécurité pour le moment, mais nous avons peu de temps et j’ai beaucoup de choses à te dire. - Qui… qui es-tu ? ai-je balbutié, tremblante. - Pour faire simple : je suis le leader d’un groupe ligué contre l’Autorité, à l’extérieur. Je me suis volontairement fait emprisonner pour pouvoir infiltrer l’Immeuble et faire exploser le système de l’intérieur. Des amis et moi avons créé le J. V. et l’avons répandu afin de pouvoir joindre les Autres du bâtiment et les faire adhérer à notre cause. Je serais bref : ou tu te joins à nous et nous t’offrirons la liberté, ou tu reprends ta vie classique de cantinière et tu nous oublies. Je frissonnais. Je n’aimais pas l’idée d’un danger perpétuel. D’un autre côté, je ne cessais de me répéter que je ne supportais pas ce contrôle permanent de notre vie. Je manquais d’air et j’en avais conscience. Je voulais la liberté, celle qui ne m’avait encore jamais été offerte. - Fais ton choix, grinça 846H79V18. Après tout, une vie calme et minable à l’abri du danger vaut peut-être cent fois mieux qu’une liberté qui pourrait te coûter la vie, et… - Tais-toi. J’avais besoin de calme. Besoin de comprendre, de réfléchir un instant. Ce en quoi j’allais m’engager allait changer ma vie. Mes genoux ont cédé et je suis tombée à terre, la tête entre les mains. - 945H68D14 ? Tu vas bien ? La voix du mon interlocuteur semblait inquiète. Je me suis redressée maladroitement, j’ai dit oui et je suis sortie précipitamment, les larmes aux yeux. … Je m’appelle 945H68D14, j’ai 17 ans et je fais partie de la Résistance.
J V. n° 8 – 945H68D14
Cela fait longtemps que je n’ai pas fait de compte rendu au J. V. Deux ou trois semaines, il me semble. Entre temps, j’ai revu 846H79V18 plusieurs fois. Il m’a expliqué comment fonctionnait la Résistance, la place que j’y prenais, mon futur rôle. J’ai compris ce qu’était l’Immeuble, ce qu’était l’Autorité, mais surtout ce qui nous attendait dehors. Un monde de vie et d’indépendance. Et j’ai aussi compris ce qui nous poussait, moi et tous les autres, à lutter. Cette petite chose qu’on appelle l’Espoir. Cette petite chose qui nous pousse à mettre un pied devant l’autre, à nous relever après une chute. Cette petite chose qui me pousse à me battre.
J V. n° 9 – 945H68D14
Demain nous lançons le Projet. Celui que 846H79V18 et moi avons programmé avec tous les autres. Demain, soit nous vaincrons, soit nous mourrons. Mais je serais fière de mourir. En quelques semaines, je suis passée du stade de cantinière à soldat. Je vais lutter pour ma vie, je vais lutter pour la liberté, je vais lutter et crier « ESPOIR ». J’ai vu 846H79V18 tout à l’heure. J’avais peur. Je suis fière de me battre mais l’idée de la mort est tout de même terrifiante, et 846H79V18 l’a compris. Il s’est approché de moi. - 945H68D14. Nous pouvons tous mourir demain. Tous. Mais si nous avons une chance de triompher, alors il faut la saisir. J’avais hoché la tête, le regard plongé dans le vide. Il m’avait saisit le menton et avait planté son regard dans le mien. - Je m’appelle Adrian. J’avais froncé les sourcils, et il avait sourit. - Je n’ai pas toujours vécu dans l’Immeuble, comme tu le sais. Et dehors, on a des prénoms. Des prénoms avec des lettres, aucun chiffre. De jolis prénoms. J’ai fermé les yeux. J’étais triste et fatiguée. J’allais peut-être mourir le lendemain, et je n’avais eu pour prénom qu’une longue série de chiffres et de lettres sans queue ni tête. La voix d’Adrian coupa court à ma réflexion. - 945H68D14, sais-tu ce que veux dire aimer ? Je gardais le silence. Quand j’étais toute petite à l’école de l’Immeuble, on m’avait dit que ce mot n’était pas à retenir. Que les sentiments n’étaient pas très importants et que le seul mot qui comptait, c’était OBEIR. Et je les avais crus. J’ai fait un « non » de la tête. Adrian s’est penché sur moi et a posé ses lèvres sur les miennes. J’avais le cœur qui battait la chamade et j’avais envie de crier. Crier de joie. A la place, j’ai saisi la main d’Adrian et j’ai laissé rouler une larme. - Je n’aurais pas pu te donner de meilleure définition, a-t-il murmuré. Je me suis levée pour faire demi-tour. Pour assimiler. Pour me calmer et réfléchir au lendemain. - Ca t’irait bien, Coleen. C’est un joli prénom. Et il est parti. J’ai 17 ans, je fais partie de la Résistance, je risque de mourir demain et je m’appelle Coleen. COLEEN.
J V. n° 10 – 945H68D14
Le Projet est en place. L’Immeuble est sens dessus-dessous, le système menace de s’effondrer. Nous allons réussir. Adrian ne répond plus sur le J. V. J’ai peur. Je ne veux pas qu’il meurt. Il n’en a pas le droit.
-----------------------------------------------------------------
Bonjour,
Nous avons survécu. L’Autorité est tombée. Les prisonniers ont été libérés. L’Immeuble a été détruit. Nous avons découvert un autre monde. La vie ne se limite finalement pas à un simple bâtiment de bêton. Dehors, il y a un ciel, des arbres, de la vie. Nous avons trouvé notre salut et j’y ai participé. Adrian va bien. Il boîte. J’espère qu’il s’en remettra. Le J. V. n’existe plus. A quoi bon ? Nous pouvons nous exprimer. J’ai la chance, enfin, de pouvoir crier au monde mes joies et peines, mes espoirs et mes déceptions.
Je m’appelle Coleen. J’ai 17 ans, j’ai fait partie de la Résistance et je suis libre. LIBRE.[/size]
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TIME TO VOTE !
Myosotis : 0 Symphonie : 0 Automnal : 0 ___________________« live fast, have fun, be a bit mischievous » |
|  | | 
Hal

 | Sujet: Re: Myosotis VS Symphonie VS Automnal (Compositeur - Graine de Génie - En cours) Sam 11 Fév - 21:30 | |
| Myosotis - Je dois avouer que la seule chose à laquelle je pouvais penser pendant le premier paragraphe c'était la chanson de Goldman "Là-bas" XD (C'EST POUR CA QUE J'IRAAAIS ... LA-BAAAAAAS. Oui, j'ai une culture musicale immense, je sais.) Mis à part ça, qui m'a un peu troublée, j'ai trouvé que ton texte était franchement sympa à lire. Une ambiance un peu particulière et illogique qui fait très rêve, justement, c'est ça qui m'a bien plu. Et le fait que ce soit ce rêve qui rende l'espoir à ton personnage, aussi. Par contre, je crois avoir vu des problèmes de temps vers le milieu du texte pour les passages de descriptions alternés avec les paroles, tu commence au passé et tu passes au présent ensuite ... Mais vu comme j'écris c'est probable que j'ai juste un peu trop fumé et que ça soit correct. Symphonie - Arf, tu sais que ta nouvelle est très frustrante ? XD Les deux autres ont une fin très nette, et la tienne pas du tout. Ça laisse une ouverture et ça nous laisse imaginer, mais la formulation laisse penser à une suite qui en fait n'est pas là. Ça m'a pas mal gênée personnellement, j'ai ouvert/fermé le spoiler plusieurs fois pour vérifier si ça bugait pas. J'ai trouvé ça dommage parce que je commençais à trouver ton personnage sympathique et je m'attendais à un peu plus de détails, du coup. En bref, ton texte m'a bien laissé sur ma faim et c'est vachement dommage parce que le principe est intéressant, je trouve. Tu prévois de continuer une fic ou je-sais-pas-quoi avec ce perso ..? Automnal - Un peu comme si je t'avais déjà tout dit, en fait. J'ai beaucoup aimé, y a toujours des trucs qui me perturbent psychologiquement, c'était poignant, j'adore comme tu écris etc etc. J'ai eu du mal à choisir, mais voilà pour le vote : Myosotis : 0 Symphonie : 0 Automnal : 1 |
|  | | | | Myosotis VS Symphonie VS Automnal (Compositeur - Graine de Génie - En cours) | |
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