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 Le chant du Triskel [Fiction]

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Alween

Arbitre


MessageSujet: Le chant du Triskel [Fiction]   Mar 1 Fév - 19:25

Prologue

Ici, tout semble éternel. Mais rien n'est plus faux...Avalon est peut-être être éternelle, mais le monde qui nous entoure ne l'est pas.On a beau essayer de se défaire de cette idée, on ne peux pas. On ne peux ps s'en pêcher de savoir qu'il y a des gens qui meurent à chaque seconde.Mais içi, on parvient parfois s'en détacher, à ne voir que cette patrie où tout est éternel...
Mais certains ne le peuvent pas. je dit certains, mais je ne suis même pas sûre qu'il y en ait d'autres.
Tous vivent heureux dans ce rêve doré, , semblant ignorer la misère de ce monde que nous avons quitté.

Que nous avons quité, mais pour quoi? Pour quel rêve inaccesible?Pour ce savoir mythique que vantent les récits?
Je n'en sais trop rien.
Je ne sais même plus pourquoi je suis içi...
Je ne sais pas, ou je ne sais plus? Mes souvenirs restent flous. Je savais qu'Avalon était un mythe, une histoire, un rêve crée dze toutes pièces par les hommes.
Comment? J'en soupçonne quelques uns d'y avoir aidé.
Pourquoi? Je ne sais pas...et qui le saura un jour?
Pour qui? A quoi sert ce monde alors que l'ancien nous suffisait? A appaiser des rêves de gloire innasouvis?
Et surtout, pour combien de temps?
Se peut-il que la fin d'Avalon soit proche? Qu'un sombre personnage creuse sous nos pieds un immense gouffre qui causera la perte d'Avalon, et la sienne avec?
Personne n'en est sûr...

Mais je sais une chose, de façon certaine. Si ce que contient Avalon disparaît, alors la fin du monde sera proche.

Pour ce que je m'apprète à faire, je serais peut-être morte lorsqu'on lira ces lignes.
Je t'envoie, Toi, mon seul lien avec ce monde que j'ai quitté il y a si longtemps. Toi, tu saura trouver celui qui receuillera le Savoir...L'Esprit des Enchanteurs.

Morgane releva la tête.Le jour pointaint sur Avalon, faisant disparaître la lune et les étoiles. Comme avait disparu son pacte avec le diable lorqu'elle y avait abbordé, par une nuit sans lune.
Elle porta sa main à son cou, et sera pendant quelques secondes la médaille qui s'y trouvait. Elle la retira, et la fit flamboyer au soleil levant.
Elle la regarda tristement.
Il fallait faire ce qui devait être fait.

Elle la lança devant elle. Celle-ci décrivit un cercle parfait. Un éclair de flamme, puis plus rien.
Morgane se leva de la table où elle s'était installée, faisant disparaître do manuscrit dans sa besace. Personne ne devait le lire.Sinon...la condamnation tomberait.

Malgrés le grand soleil , Morgane ne put s'empêcher de frissoner.
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Alween

Arbitre


MessageSujet: Re: Le chant du Triskel [Fiction]   Ven 4 Mar - 20:30


Chapitre 1

"Loan! DEBOUT!"

L'autre répondit par un grognement et fourra sa tête sous les couvertures. La plus jeune soupira et s'apprêta à repartir. Tant pis pour sa soeur! Soudain, une idée germa dans son esprit:

"Comme tu veux! Mais je prends tous les croissants alors!
-PAS TOUCHE A MES CROISSANTS!"

La dénommée Loan se releva d'un bond, ses longues mèches brunes fouettant son visage. L'autre eut un grand sourire et dit d'une toute petite voix:

"Et si je te dit que je les ait déjà mangés?
-QUOI?"

Loan se précipita à la poursuite de sa soeur qui se mit à hurler:

"MAMAN! LOAN EST REVEILLEE!"

Elle s'arrêta d'un coup. Je me suis encore fait avoir....
Sa mère passa la tête par l'encadrement de la porte et sourit en voyant la tête de sa fille aînée.
Elle portait une tunique blanche, était plutôt grande pour ses quatorze ans et paraissait parfois plus âgé qu'elle ne l'était réellement. De longues mèches noires encadraient un visage ovale aux traits fins dans lequel brillaient deux grands yeux verts. Qui pour l'instant semblait résignés à ce que sa soeur la fasse se réveiller de la même manière tous les matins.
Elle soupira et sourit à sa mère:

"T'aurais pas pu lui apprendre que réveiller les gens de cette manière, c'est pas recommandé?"

Eliénor sourit:

"J'ai essayé. Mais j'avoue une défaite totale sur ce plan-là.
-Et après on dit que c'est moi qui suis impossible à élever...
-C'est juste qu'élever une fille qui répond à tout ce que tu lui dis par "Pourquoi?", c'est un peu compliqué...Surtout quand tu viens de la gronder et qu'elle te demande pourquoi..."

Loan éclata de rire.

"J'y peux rien...C'est...instinctif. Je veux toujours savoir pourquoi."

Elle se retourna et se dirigea vers sa chambre. Après avoir attrapé dans son armoire des vêtements au petit bonheur et s'être habillée, elle rejoignit sa soeur dans la cuisine.

"Dis...
-Oui Mona?
- Tu ne m'en veux pas?
- Tu veux vraiment la réponse?"

Mona commença doucement à reculer vers la porte, l'air de se dire qu'ailleurs c'était sans doute mieux. Loan attrapa un croissant qui se trouvait sur la table et mordit dedans. Chaud, croustillant, avec un bon goût de beurre sans en avoir trop, il était parfait. Elle regarda sa soeur d'un air malicieux:

"Mona? Tu sais quoi?
-Euh...Non, je crois pas."

Elle semblait vouloir être partout sauf dans la cuisine. Elle lança à Loan un regard mi-perplexe mi-angoissée, car, avec sa soeur, on ne savait jamais si c'était du lard ou du cochon.

"Vu qu'il me reste des croissants...T'en veux un?"

Et elle éclata de rire en voyant la tête de sa soeur qui s'attendait à tout sauf à ça. Mona s'approcha doucement et attrapa un des croissants qui restaient dans le panier.

"Tu...Tu m'en veux pas?
-Je crois que je commence à avoir l'habitude..."

Curieusement, son visage avait pris une expression lasse, comme si cela faisait beaucoup plus longtemps qu'elle vivait, et qu'elle se faisait réveiller ainsi. Mona resta silencieuse. Elle ne comprenait pas toujours sa soeur, mais elle savait qu'il fallait la laisser tranquille dans ces moments-là. Elle en profita pour l'observer à la dérobée.
Loan avait quatorze ans, et pouvait parfois devenir invisible au milieu de la masse pour ceux qui ne savaient pas regarder. Pourtant, elle était tout sauf comme tout le monde.
Elle avait des longs cheveux noirs, souvent emmêlés les uns avec les autres. Un visage ovale, aux traits fins et au teint bronzé, plutôt étrange dans cette région de la Bretagne, surtout pendant l'hiver. Souvent cachés derrière quelques mèches brunes, ses yeux émeraudes déclenchaient une curieuse sensation de malaise à ceux qu'elle regardait, qui avaient l'impression que leur âme, leur histoire, et leurs sentiments étaient mis à nus sont son regard vif. Comme le narrateur d'une histoire qui sait tout sur ses personnages: leur passé, leur présent, leur avenir. Leurs espoirs, leurs sentiments, leurs déceptions. Tout sur tout.
Elle avait une façon assez particulière de s'habiller, faite de tuniques et de chemises de couleurs claires qu'elle superposaient en fonction de ce qui lui tombait sous la main. Cela lui donnait l'air d'une sylphide égarée qui se serait trompée de monde. Impression renforcée par ces expressions qu'elle avait parfois, où elle semblait plus âgée que le monde lui-même.

Mona fronça les sourcils. Loan paraissait réellement ailleurs. Comme si...Comme si elle allait rester "bloquée" dans les méandres de sa pensée.

"Loan...Loan! LOAN!"

Elle avait crié le nom de sa soeur. Celle-ci tourna son regard vers elle, et Mona ne put s'empêcher de frissonner. Ils étaient pleins de brume, comme si un autre monde se superposait à celui-ci.

"Qu'est-ce qu'il y a?
-On va bientôt y aller...Papy et Mima vont nous attendre sinon."

Loan plissa les yeux comme si elle avait du mal à comprendre ce que lui disait sa soeur. Soudain, elle se redressa et sourit:

"Allons-y alors!Qu'est-ce qu'on attend?
-Loan...tu es sûre que ça va?
-Oui, répondit-elle en penchant légèrement la tête de côté. Pourquoi est-ce que ça n'irais pas?"

Mona resta sans voix. Loan ne paraissait n'avoir aucun souvenir de ces quelques minutes où elle était..."ailleurs". Elle repoussa vers l'arrière ses mèches châtains vers l'arrière et répondit en espérant que son sourire ne tremblait pas trop.

"Pour rien. Oublie."

Et elle se prit à espérer très fort que ce soit vrai.
* * *


Mima se releva en entendant arriver les deux filles, et un large sourire éclaira son visage. Loan et Mona étaient ses deux seules petites-filles, et elles lui rappelaient parfois leur mère au même âge. Pourtant, elles ressemblaient plutôt à leur père.
D'un coup, la porte s'ouvrit et une voix claire s'exclama:

"Bonjour Mima!
-Bonjour Loan! Une petite question…
-Oui?
-Est-ce qu'un jour tu pourra t'apercevoir que je ne suis pas encore sourde comme un pot et que tu peux parler normalement?"

Loan ne sut que répondre. Sa grand-mère éclata de rire et dit:

"Papy est là-haut, il range des vieux cartons. Moi je dis que ranger des vieux cartons pour les laisser au même endroit ça ne sert strictement à rien, mais ton grand-père a des idées bizarres parfois… Mona arrive?
-Oui, elle était derrière moi. Je monte, je vais aider Papy."

Loan embrassa sa grand-mère et commença à monter. Lorsqu'elle fut au deuxième étage, elle fut arrêtée par la voix de Mima:

"Loan?
-Oui?
-Tu rappelleras à ton grand-père qu'il n'est pas dispensé de venir dire bonjour et de descendre manger. Je n'ai aucune envie de l'attendre trois heures comme la dernière fois.
-T'en fais pas!"

Mima haussa les sourcils, comme si elle en doutait. Mais Loan était déjà partie.
Elle ouvrit délicatement la trappe qui menait au grenier et y posa l'échelle, avant de se hisser sur le plancher plein de paille. Un homme était de dos et fouinait dans les vieilles malles et vieux cartons. Loan s'approcha et regarda par-dessus l'épaule de son grand-père. Il tenait à la main un médaillon, en forme de triskel ; symbole de la Bretagne.

"D'où il vient?"

Il sursauta. Il ne l'avais sans doute pas entendu arriver. Il tourna son regard pétillant d'intelligence vers elle et sourit:

"Je ne sais pas vraiment d'où il vient, mais on la toujours possédé. Il était içi quand on a emménagé dans la maison."

Loan garda pour elle son air sceptique. C'était au moins la deuxième fois qu'il rangeait le grenier, mais elle n'avais jamais vu ce médaillon. Il se tourna vers elle et lui tendit:

"Tu peux le prendre si tu veux."

Loan allait refuser lorsque quelque chose de bizarre se passa. Sans pouvoir s'en empêcher, elle tendit la main et la referma sur le médaillon.
Une vois retentit du bas de l'échelle:

"Lorsque vous aurez décidé de redescendre de votre petit nuage, peut-être que vous pourrez venir manger, non?"

Loan et Papy échangèrent un sourire complice avant de redescendre, pour éviter que Mima ne monte. C'était leur secret.
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Alween

Arbitre


MessageSujet: Re: Le chant du Triskel [Fiction]   Mar 8 Mar - 21:20


Chapitre 2

Le soleil se couchait au loin, derrière l'océan. La brise emportait vers la mer les derniers souvenirs de la douceur de la journée, et la fraîcheur de la nuit arrivait.
Dans les grands palais, tous se hâtaient de rejoindre leurs appartements. Morgane jeta un dernier coup d'oeil au soleil qui avait presque disparu derière l'horizon, et se retourna. Elle faillit se jeter dans les bras de la femme qui était derrière elle.

"Viviane...Quelle bonne surprise.
-C'est réciproque, ma chère..."

Morgane se retint difficilement de gifler la magicienne, de défigurer cette jolie blonde aux yeux pâles. Mais sa beauté reposait dans la méchanceté et la malice qui dégageait d'elle, lui faisant comme un aura démonique.
Et ça, bien entendu, on n'en parle pas dans les récits épiques...On dit toujours que c'est moi qui ait toutes les tares, et Viviane toute la beauté, la gentillesse et que sais-je encore...

"Si tu es venue là pour me dire ça, tu aurais pu te dispenser de venir me voir. Ce n'est pas moi qui m'en serais plainte.
-Pourquoi dis-tu ça? Je n'ai que tes..."

Morgane s'approcha , son visage touchant presque celui de l'enchanteresse:

"Va répendre ton venin ailleurs, Viviane!
-Comment ose-tu...
-Parce que c'est ton cher petit Merlin qui a crée Avalon, tu t'estime la reine de cet endroit? Les Enchanteurs n'obéiront jamais à quelqu'un qui se trouve supérieur à eux."

Viviane avait retrouvé son sourire enjôleur:

"En es-tu bien sûre, Morgane? Le Malin aide ceux qui lui sont fidèles...Tu dois bien le savoir, non?"

Morgane sursauta, et ses yeux s'écarcillèrent lorsqu'elle réalisa ce que Viviane venait de dire. Le Cornu avait donc gagné ce qu'il voulait: une âme pure.

"Comprends-tu ce que tu as fait, Viviane?
-Je le comprends, et tu va le comprendre aussi...Est-ce que tu étais au courant que Lucifer est extrèmement rancunier?"

Son sang se glaça. Comment n'avais-t-elle pas compris l'entreprise de Viviane. Elle allait la prendre, et la livrer à Belzébuth.
Elle put presque voir le joli minois de Viviane se réjouir lorsque le Diable la récupérerais, elle lui ferait chèrement payer sa trahison passée.
Elle planta son regard noirs dans le pâle de l'enchanteresse, qui parraissaît ravie de la terreur qu'elle voyait naître sur le visage de son ennemi.

"Tu ne peux pas faire ça, Viviane. Si je disparraissaît, toutes les choses que j'ai créé disparaitrons avec moi, car elle ne sont pas consolidées...Dont une partie des fondations du palais."

Le voile qui passa dans le regard de Viviane lui dit qu'elle n'avait pas pensé à ça. D'un coup, une autre personne se dessina, sous le masque de la méchanceté et de la tromperie. Une Viviane moins sûre d'elle, plus humaine.

"Mais il m'avait dit que...
-Le Malin excèlle dans l'art de corrompre..."

C'est ce que je suis en train de faire...Mon pacte a été rompu, mais Il est encore là...

"Peu importe!"

L'ancienne Viviane venait de réapparaître, et Morgane sut immédiatement que la partie était perdue. Elle avait décidé qu'elle l'aurait, et elle irait jusqu'au bout.

"Les Enchanteurs se vengeront. Tu payera un jour, Viviane!
-Tu n'as toujours pas compris? Comment le Dia...
-Ne prononce pas son nom! Pourquoi crois-tu qu'il en ait tellement. Celui qui le prononce est damné à jamais!"

Un sourire méprisant naquit sur le visage de la magicienne. Morgane sentit son sang se glacer. Comme si quelqu'un n'était pas loin.
Soudain, elle sentit une lame dans son dos. Elle sursauta et hurla de douleur: la lame de l'épée lui avait entaillée la peau, et elle suintait la magie noire.

"Tu as perdu, Morgane. Pourquoi ne l'admes-tu pas?
-Sois maudit, souffla-t-elle."

La magie noire s'infiltrait dans tout son corps, accompagnée du douleur qui s'inflitrait dans la moindre de ses cellules.

"Le diable sera ravi de revoir sa servante"

Et le dernier visage qu'elle emporta dans l'inconscience fut celui de Merlin.
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Alween

Arbitre


MessageSujet: Re: Le chant du Triskel [Fiction]   Ven 18 Mar - 21:33


Chapitre 3

"Loan! Tu va être en retard au tir à l'arc, et je te rappelle que tu dois emmener Mona au conservatoire!
-Oui, oui, j'arrive!"

Elle quitta précipitement sa chambe, récupéra son sac et sa soeur dans l'entrée et se précipita vers la porte:

"A tout à l'heure!"

Mona sur les talons, elle se mit à courir vers le conservatoire, et chuchota au passage à la plus jeune:

"De toute façon, tu pars à l'Opéra l'année prochaine...Alors pourquoi est-ce que tu stresse pour ta note d'examen?
-Tu comprends pas. Si je me loupe à cet examen, elles vont toutes dire qu'elles sont meilleures que moi et que je ne mérite pas d'aller à l'Opéra, et que je dois leur laisser ma place. Tu sais qu'on était plusieurs à passer les examens, et j'étais la seule à être prise. Si j'ai une mauvaise note, tout va me tomber sur la tête."

Elle parraissaît réellement angoissée. Loan se contenta de serrer le bras de sa soeur, économisant son souffle. Lorsqu'elles arrivèrent devant le conservatoire, la brune se penchot vers sa soeur et lui chuchota à l'oreille:

"Si tu as cette place à l'Opéra, c'est que tu la mérite, quoi que les autres puissent dire. Ne te laisse pas abattre."

Mona eut un pâle sourire et entra dans le conservatoire. Loan la suivit tandis qu'elle s'approchait du panneau d'affichage, aussi pâle qu'une morte.
Elle vit passer sur son visage l'incrédulité, la stupéfaction, puis un immense sourire s'établit sur son visage. Elle se précipita vers sa soeur, mais celle ci avait déjà deviné:

"Première mention à l'unanimité avec félicitations?
-Oui!
-Et celles qui ont passé l'examen?
-Première mention à l'unanimité.
-Tu vois!"

Loan serra sa petite soeur dans ses bras. Elle était réellement ravie de son succès, Mona avait un don, c'était indéniable. Quiconque l'avait vu danser une fois se demandait comment il avait pu auparavant qualifier son niveau de "bon". Loan n'avait jamais fait de danse, mais même une personne inculte s'en serait apperçu.
Mais ce don génèrait bien des jalousies avec les autres filles de son cours.
Prise d'un affreux pressentiment, elle jeta un coup d'oeil à sa montre et se figea, horrifiée.

"Je vais louper le dernier bus pour le pas de tir! J'y vais!"

Elle se précipita vers la sortie avec un dernier signe pour sa soeur et se mit à courir vers l'arrêt de bus. Elle avait de la chance, comme toujours. Le bus allait partir, mais elle fit signe au conducteur, qui l'attendit en soupirant. Lorsqu'elle arriva, il lui fit un clin d'oeil:

"Encore en retard?
-Comme d'habitude...Il va falloir que vous décaliez vos horraires d'arrivée si vous voulez que je sois à l'heure!"

Il sourit et démarra. Loan se dirigea vers le fond du bus. Comme d'habitude, il n'y avait pas beaucoup de monde.A 13 heures, et pour ce bus-ci, c'est plutôt normal...Elle s'enfonça dans le fauteuil qu'elle s'était trouvé et plongea dans un êtat second, à la limite entre le rêve et l'assoupissement.

Elle plongea dans l'Autre Monde.
Comme d'habitude, elle passa par une immense porte, plaquée d'or. Autour d'elle se dressaient d'immense statues, plus grandes que les plus hautes statues de la Terre, et des cascades de pierres précieuses scintillaient dans cette atmosphère lumineuse.Et comme d'habitude, il n'y avait personne.
La magnificence des lieux la laissa de marbre, elle avait déjà vu ce paysage des centaines de fois. Elle passa la porte et entra dans le palais. Elle ignora délibérément les grandes portes qui s'ouvraient sur le côté gauche. Elles avait déjà visité ces ailes, et la seule chose qu'elle avait appris était qu'il s'agissait d'une île.
Elle fronça les sourcils. Une étrange mélopée s'était installée dans l'air. Comment avait-elle fait pour ne pas la remarquer avant? Douce et envoutante, elle la poussait à aller vers l'endroit d'où elle provenait. Comme un pantin, elle prit la direction du sous-sol.
La musique se faisait de plus en plus insistente, comme si elle n'avait pas beaucoup de temps. Loan accélera le pas. Elle passa sans s'arrêter devant d'immenses salles entièrement vides également.
Elle s'arrêta. La source de la musique était toute proche. Et elle était dans les cachots. Deux sentiments contraires se télescopèrent dans son esprit: son envie d'aller voir qui était ce mystérieux musicien, et le sentiment que ce qui se passait ici était malsain. Son coeur décida, et elle se remit en marche.
Elle se trouvait devant une cellule où toutes les issues parraissaient bouchées. Mais bizarrement, elle s'ouvrit sous sa poussée.
A l'intérieur se trouvait une jeune femme. Elle était assise sur une chaise, le front penché vers le sol.
Elle ne parraissaît pas très grande, et sa longue robe d'émeraude et d'argent faisait ressortir sa fine silhouette.
Elle releva la tête et Loan put enfin voir son visage. Un visage fin, où brillaient des yeux noirs en amande. Dans ses yeux avait brillé un feu, mais il s'était éteint et il ne restait que des braises. Ses long cheveux noirs soigneusement coiffés lui donnait l'aspect d'une reine déchue.
Son regard transperça le sien, et de ses lèvres passèrent un son:

"Mon Elue..."

Loan tendit la main vers elle, comme pour la soutenir...

"Mademoiselle...Mademoiselle! Vous êtes arrivée!"

Loan ouvrit les yeux et regarda autour d'elle, complètement déboussolée. Le chauffeur se tenait à ses côtés, l'air très inquiet.

"Vous ne répondiez plus quand on vous parlait! Vous êtes sûre que ça va?
-Ne vous en faites pas."

Elle se releva et chancela légèrement. Elle remercia le chauffeur pour son aide et descendit du bus d'un pas hésitant.
Non. Ce n'était pas un rêve, se dit-elle en se dirigeant vers le pas de tir. Et elle aiderait cette femme, quoi qu'il lui en coûte.
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Alween

Arbitre


MessageSujet: Re: Le chant du Triskel [Fiction]   Mar 26 Avr - 21:54

Chapitre 4

Loan soupira et reposa doucement son livre sur ses genoux. La semaine prochaine, c'était Noël, et l'Angleterre pour aller voir ses grands-parents maternels, anglais jusqu'au bout des ongles. Les filles les adoraient, ils étaient dynamiques et sympatiques, mais très attachés aux traditions, surtout à celle du thé. Et Mona autant qu'elle ne supportait pas le thé.

Elle se leva et jeta un coup d'oeil sur le village, tâche de lumière au milieu de l'ombre de la nuit, qu'on voyait distinctement depuis le haut de la colline où se trouvait sa maison. Au loin, l'aéroport de Brest était visible et on entendait, très étouffé, le bruit des avions qui atterrissaient.

Papa ne devrait pas tarder...

Parti au Japon une semaine auparavant pour les besoins de sa société d'imports-exports, il était censé revenir ce soir-là.

De toute manière, il est toujours en vadrouille...

Mais il mettait toujours un point d'honneur à revenir pour les vacances, de manière à passer du temps avec eux. Mais il était incapable de rester plus d'un mois au même endroit. C'était un globe-trotter dans l'âme.

Elle fronça les sourcils. Un étrange bruit venait de retentir dans la maison. Comme un grand bruit de gong. Et ce bruit lui rappela l'Autre Monde.
Elle se leva, faisant tomber au sol le livre sur ses genoux.

"Mona?"

Aucune réponse. Sa soeur avait le sommeil lourd, mais elle se réveillait souvent lorsqu'on l'appelait.

"Mona!"

Aucune réponse. Une étrange frayeur commença à monter en elle, terreur incontrôlée qui lui faisait penser les choses les plus étranges.

La main tremblante, elle poussa la porte de sa chambre, poussa un cri et s'effondra.
***


"Eh!"

Loan se releva d'un bond, complètement trempée.

"Pour qui tu te prends?
-Pour ce que je suis."
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Alween

Arbitre


MessageSujet: Re: Le chant du Triskel [Fiction]   Ven 20 Mai - 21:56

"Quoi?"

L'autre lui sauta dessus et lui ferma la bouche d'une main, éttoufant le cri qui sortait de la bouche de la jeune fille. Elle lui siffla dans l'oreille:

"Moins fort! Tu veux nous faire repérer?"

Un bruit. Une cavalcade à quelques mètres d'elles.

Au moment où elle s'y attendait le moins, la jeune fille relacha son étreinte et lui attrapa le poignet, l'entraînant à terre.

"Maintenant silence, chuchota-t-elle. Si tu tiens à la vie."

Mona obéit comme un robot. Elle était emportée par les évènements, incapables de comprendre ce qu'il se passait. Le silence régnait dans la forêt environnante, seulement entrecoupée par les bruits de sabots, maintenant au pas.
Sans savoir pourquoi, elle ressentit la même peur que celle qui l'avait réveillée. Cette peur d'être capturée, mais... Par qui? Pourquoi?

Le cavalier était maintenant tout proche. Trop proche. A travers les feuilles, elle pouvait voir les pattes du cheval, et sentir son souffle chaud. Parfaitement silencieuses, les deux filles ne purent réprimer un frisson.

Un long moment passa. Le cavalier chechait quelque chose. Mais quoi?
Ou bien... Qui?

Cette étrange jeune fille, qui était allongée à côté d'elle?
Peut-être, mais elle n'en savait rien. Peut-être était-il juste perdu... Mais alors, comment expliquer cette étrange frayeur qui montait en elle, qui lui intimait d'obéir à l'autre?

Elles restèrent longtemps allongées sur le sol, le nez dans l'herbe. Le cavalier ne semblait pas vouloir bouger sans avoir fouillé conscensieusement toute la forêt environnante, et plusieurs fois s'était tellement penché qu'il avait failli les découvrire.

"Je n'ai pas le choix..."

L'autre avait murmuré ces mots.

"Pardon?"

Elle ne lui accorda pas même un regard, et Loan comprit alors ce qu'elle voulais faire:
se lever!
Une fois dressée sur ses deux jambes, elle planta son regard dans celui de l'homme et dis d'une voix profonde, grave:

"Tu ne nous as pas vu. Tu va retourner voir ton chef, et dire qu'il n'y avait rien dans le secteur que tu devais fouiller. C'est clair?"

Loan ouvrit des yeux ronds. Etait-ce une folle? Croyait-elle vraiment qu'il allait lui obéir?
Mais ce qui suivit la stupéfia encore plus.
Le cavalier inclina la tête et répondit qu'il y allait immédiatement. Il talona son cheval et disparut au détour d'un chemin.
Elle se retourna vers elle, et Loan put enfin réellement la distinguer.


Elle était jeune, guère plus âgée qu'elle. Ses longs cheveux blonds étaient rassemblés en deux tresses, entremêlée de manière à former une coiffure la moins visible possible. Des feuilles piquées dans ses cheveux la faisaient ressembler à un esprit des bois égaré dans un monde qui n'est pas le sien. Ses joues étaient parsemmées de tâches de rousseurs qui tranchaient avec le bleu presque froid de ses yeux en amande.
Elle n'était pas très grande, et elle avait gagné une force à tout épreuve qu'on pouvait apperçevoir dans ses membres fins mais musclés.
Elle avait passé sa vie au grand air, et avait appris à se débrouiller seule, sans doute parfois aidée par les habitants des villages aux alentours, comme le rémoignait ses vêtements simples mais chauds et l'arc qui reposait à ses pieds.

Elle planta son regard dans les yeux de la jeune fille:

" Et toi? Qu'est-ce que tu viens faire là? Ne sais-tu pas que l'esprit des dirigents de cette contrée est pourri jusq'à la moelle? Qu'il n'y a rien à attendre ici? Car tu n'es pas d'ici, finit-elle en jetant un bref coup d'oeil sur les vêtements de la brune."

Celle-ci rougit. Elle était habillée comme pour aller se coucher, car c'est ce qu'elle s'apprêtait à faire avant de se retrouver ici.

"Figure toi que je n'ai jamais demandé à être ici, et que je serai bien mieux chez moi!
-Alors qu'est-ce que tu fais là?
-Qu'est-ce que tu veux que j'en sache? Je suis pas magicienne!"

L'autre fronça les sourcils.

"Alors qu'est-ce que tu fais ici?"
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Alween

Arbitre


MessageSujet: Re: Le chant du Triskel [Fiction]   Jeu 25 Aoû - 19:32

Chapitre 5

"Pardon?"

Avait-elle mal entendu? Que voulait-elle dire?
Un étrange malaise s'empara d'elle. Elle avait bien entendu, elle en était sûre. Mais qui était cette étrange jeune fille? Une folle?
Et où étaient-elles? L'endroit où elles étaient ne ressemblait à rien de connu, et le vent qui y soufflait avait...quelque chose de différent de celui que l'on pouvait sentir courir sur son visage à Brest. Il était...plus pur? Moins pollué?
Tout était tellement différent... Tellement différent que Loan ne put se défendre d'une pensée: Et si la jeune fille disait vrai?
L'autre l'ignora, semblant penser que cette discussion n'en valait pas la peine.
Elle ramassa son arc à ses pieds et se détourna. Comprenant qu'elle allait partir, Loan courut et lui barra le passage.

"Tu ne partiras pas avant d'avoir répondu à mes questions."

La jeune fille blonde la regarda avec condescendance :

"Et pourquoi donc?
-Parce que..."

Elle s'arrêta. Elle n'avait pas de raison valable. Soudain elle sentit le regard de la jeune fille tomber sur la chaîne qu'elle portait au cou.
Le médaillon que son grand-père lui avait offert.
La jeune fille fut plus rapide que l'éclair.
Loan cria.
La jeune fille l'avait attrapé d'une main, et plaquée sur un tronc. Un couteau était apparu dans sa main gauche, comme sorti de nulle part.

"Où l'as-tu volé? Siffla-t-elle. Où as-tu volé ce médaillon?
-Je...ne...l'ai...pas...volé!"

Elle n'arrivait même plus à parler. Elle était plaquée sur le tronc par une étreinte de fer, incapable d'esquisser le moindre mouvement. Le visage de la jeune fille était à quelques centimètres du sien, ses grands yeux pâles plantés dans les siens. Dans lesquels on pouvait lire une volonté implacable.

"Ah oui? Alors comment expliques-tu que la dernière fois que j'ai vu ce médaillon, il était au cou d'une…de l'amie en qui j'ai le plus confiance?
-Je…"

Elle ne put pas prononcer un mot de plus. La jeune fille possédait une force inouïe qu'on ne pouvait deviner en la voyant. Elle lui broyait littéralement la cage thoracique, ne paraissant pas comprendre qu'ainsi, elle perdait toute chance d'obtenir une réponse. L'air ne parvenait plus jusqu'à ses poumons, et son corps tout entier commençait à manquer d'oxygène.
Tout se mit à tourner autour d'elle, seul le visage de la jeune fille demeurait net. Elle ne put résister, et tout devint noir.

***


Une immense lumière rayonnait à quelques pas d'elle. Se couvrant les yeux, Loan se remit tant bien que mal en position assise. Elle laissa quelques instants ses yeux se réhabituer à la lumière, qui lui sembla également baisser en intensité, comme si maintenant autant de lumière n'était plus nécessaire. Elle balaya du regard l'endroit où elle se trouvait.
Elle eut le souffle coupé.
Co…Comment est-ce possible?
Cet endroit n'existait pas, c'était impossible. C'était la seule chose dont elle était certaine.

Il lui avait d'abord fait penser à une forêt, où elle était étendue sur un immense tapis de mousse. Mais l'endroit se mit à changer, à fondre, pour se rapprocher le plus possible de son idéal du paradis, de la tranquillité et du calme.
Maintenant, une cascade se déversait à quelques pas d'elle. Le ruisseau qui s'en écoulait étincelait de mille feux, semblable à une cascade de pierres précieuses. Le sol était un tapis d'herbe et de mousse parsemé de fleurs multicolores. La forêt autour d'elle rassemblait tous les arbres possibles et imaginables, et parfois se dessinait l'ombre d'un animal.
On apercevait le ciel bleu au travers le feuillage, les fleurs et les fruits. Si l'Eden avait existé, il aurait ressemblé à cela.

"Tu as tout à fait raison."

Loan se retourna d'un coup et son cœur fit un bond dans sa poitrine. La jeune femme qu'elle avait vue dans son rêve, celle dont le regard avait perdu tout espoir se tenait devant elle. Et son regard avait retrouvé ce feu que Loan avait cru disparu.

Elle n'était pas belle, en tout cas pas au sens où on l'entend. Sa beauté ne résidait pas dans ses traits, ni dans ses longs cheveux noirs, ni même dans ses yeux émeraude. Elle résidait dans la manière qu'elle avait de se tenir, de parler, de regarder les gens, dans ses gestes aussi. Sa beauté résidait dans la manière qu'elle avait d'être là. D'être présente.

"Cet endroit était celui où a résidé Adam, avec Lilith puis Eve. Jusqu'à sa chute."

Ses paroles mirent quelques secondes à arriver au cerveau de la jeune fille.

"Mais…Cet endroit a été fermé après la chute, non?
-Fermé aux mortels, oui. Pas aux enchanteurs.
- Quoi?"

Cela faisait deux fois dans la même journée qu'on essayait de lui faire croire que les magiciens, enchanteurs et autres jeteurs de sorts existaient. Pour Loan, c'était tout de même un peu dur à avaler.
Surtout que ce qu'elle voyait n'était sans doute qu'un rêve…

"C'est exact. Il s'agit d'un rêve.
-Mais alors..."

La jeune femme éclata d'un rire sans joie.

"Cela va faire une semaine que je suis enfermée dans les cachots d'Avalon, refusant ce que l'on m'apporte à manger, réduisant toutes les pertes d'énergie au minimum. Je n'ai aucun doute sur mon sort. Dès qu'il le pourra, il me tuera."

Elle eut un geste pour tout ce qui les entourait.

"Tout ce que tu vois ici est un rêve, continua-t-elle, que j'ai créé pour pouvoir entrer en contact avec toi.
-C'est toi qui m'a envoyé ici?
-Oui. Dés que j'ai su que tu avais trouvé mon médaillon."

Instinctivement, Loan porta sa main à son cou, comme pour vérifier que le triskel y était toujours accroché.

"Sympa, le médaillon qui manque de te faire tuer par la première personne que tu rencontre…"

Les yeux de la jeune femme s'emplirent de tristesse.

"Lumé. Elle a toujours vécu seule, jusqu'à ce que je vienne la trouver. C'est la seule personne en qui j'ai entièrement confiance, mais elle est parfois trop impulsive. Et puis…"

Elle regarda autour d'elle, et Loan vit à quel point elle était fatiguée. Usée par un combat qui ne lui laissait aucun répit.
Elle soupira:

"Lumé pourrait être la plus puissante des Enchanteresses. Mais elle déteste la magie et tout ce qui s'y rapporte.
-C'est ce qu'elle m'a dit, se souvint Loan. Avant de faire croire au cavalier qui passait à côté de nous qu'il ne nous avait pas vu, elle a murmuré qu'elle n'avait pas le choix. Il était bizarre, ce cavalier, continua-t-elle après quelques instants de réflexion. Il cherchait quelque chose dans les broussailles où nous étions.
-Qu'est-ce que tu a dis?"

Elle avait crié, d'un coup sur le qui-vive.

"Ils cherchaient quelque chose?
-Oui, répondit Loan, sans comprendre. En quoi est-ce si grave?"

La jeune femme se mit à faire les cents pas, l'air affolé.

" Tu ne comprends pas, tu ne peux pas comprendre, tu n'es pas d'ici. Il sait que j'ai envoyé mon médaillon, il sait que tu es ici. Et il ne prendra aucun repos avant de t'avoir trouvé.
-Mais…de qui est-ce que tu parles?"

Elle leva vers la jeune fille son regard d'émeraude.

"Plus tu en saura, plus il te trouvera facilement."

Soudain, son expression changea. Elle devint inquiète, marquée par la peur.

"Ils arrivent. Je dois partir."

Elle commençait à disparaître lorsque Loan cria:

"Attends! Je ne connais même pas ton nom!
-Morgane…Fais très attention à toi, Loan…"

Un dernier coup de vent, et elle disparut. Loan s'effondra sur le tapis de mousse, et soudain tout se mit à tourner autour d'elle. Une immense lumière, puis tout disparut.
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Le chant du Triskel [Fiction]

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